Kingmaker – CR #1

Voici le premier compte-rendu de campagne. Pour plus de détails sur celle-ci, vous pouvez lire cet article.

« Lorsque nos quatre compagnons arrivèrent en vue du comptoir d’Oleg, à la nuit tombante du dix avril quatre cent quarante-cinq, ce qu’ils virent leur confirma qu’ils avaient bien quitté le Brévoy et, de manière plus générale, la civilisation. Le bâtiment, frustre carré de bois qui tenait à peine debout, était marqué par les cicatrices de nombreuses batailles.

Ils furent accueillis par un colosse, Oleg, qui gérait le comptoir depuis à peine plus d’une année avec l’aide de sa femme Svetlana. Avare de ses mots, il introduisit malgré tout le groupe à l’intérieur de sa demeure en leur proposant le gîte et le couvert contre quelques piécettes sonnantes et trébuchantes. Avant de franchir le porche d’entrée, les quatre compères grattèrent la boue qui collait à leurs bottes, sous le regard approbateur de Svetlana.

Cette dernière leur servit un simple repas roboratif, composé de patates au lard et accompagné d’une bière brassée dans le fort à partir de céréales importées de Restov. Beaucoup plus diserte que son mari, elle révéla rapidement que le comptoir était depuis quelques mois la cible d’une bande de brigands sans foi ni loi. Elle et son mari faisaient une proie parfaite : à deux, sans expérience de la guerre, comment auraient-il pu se dresser contre eux ?

Svetlana leur avoua même qu’elle avait d’abord cru que les nouveaux arrivants étaient des gardes envoyés par Restov, avant d’être détrompé par leur mise. En effet, Oleg avait envoyé à de multiples reprises des demandes d’assistance au Brévoy, réclamant quelques hommes d’armes pour protéger son comptoir, mais sans aucune réponse pour le moment.

Sur ces entrefaites, Oleg revint dans la pièce en portant un gâteau à la graisse d’ours, une spécialité locale d’après lui, qui dégageait un fumet plutôt spécial. Après avoir copieusement servi ses hôtes, il échangea un regard équivoque avec sa femme avant de prendre la parole d’une voix de basse mal assurée.

Sa demande était simple : en l’absence d’une aide officielle venue du Brévoy, est-ce que les compagnons accepteraient de l’aider à mettre au pas les bandits ? En effet, la situation au comptoir commençait à devenir critique car cela faisait maintenant trois mois que les vauriens volaient systématiquement toutes les ressources qu’Oleg avait prévu d’échanger contre des matériaux pour réparer le fort en ruine.

Honteux, ce dernier avoua qu’il ne pouvait pas rémunérer correctement l’aide qu’il requérait. En effet, l’argent ne coulait pas vraiment à flot au comptoir : les seuls clients réguliers étaient de trop rares trappeurs qui troquaient leurs fourrures contre un repas chaud, un lit propre et quelques marchandises de première nécessité. Également, de temps à autre, un vieil original qui se disait herboriste venait échanger ses préparations médicinales contre un peu de compagnie.

Les quatre compères se regardèrent à travers l’épaisse fumée qu’émettaient les tranches brûlantes de gâteau à la graisse d’ours, ne sachant pas comment réagir à la proposition du colosse. Leur mission officielle, inscrite sur les Chartes conférées par les seigneurs des épées du Rost, était, après tout, d’explorer les Terres Volées. Dans ce cadre, le comptoir semblait pouvoir constituer une base arrière tout à fait convenable (si l’on omettait la pâtisserie locale), mais il fallait alors, sans conteste, réussir à faire faire entendre raison aux brigands.

– Nous acceptons, pour la gloire du Prophète ! lâcha avec emphase Balthazar sans attendre la confirmation des autres. Ces brigands vont avoir la chance unique de pouvoir se repentir avant de sentir le courroux de l’Eglise sur leurs nuques roides !

Soulagés, Oleg et Svetlana s’engagèrent à proposer gratuitement le gîte et le couvert aux compères aussi longtemps que cela leur serait utile, ainsi que des prix préférentiels une fois le commerce relancé. D’après eux, si les bandits continuaient selon le schéma qui était le leur depuis trois mois, le prochain prélèvement devrait avoir lieu le lendemain matin à l’aube. Tout était déjà rassemblé dans la remise, prêt à être abandonné aux malfrats.

Après avoir achevé – difficilement – leur dessert, les quatre voyageurs, guidés par Oleg, firent le tour du fort à la lueur d’une torche afin de concevoir un plan pour le lendemain matin. Une fois accordés sur ses grandes lignes, il allèrent se coucher dans la salle commune afin de prendre une bonne nuit de repos, fatigués par leur longue marche sur les routes boueuses de cette région oubliée du Prophète. »

– Chroniqueur Maéllas, an de grâce 465 Post-Prophète

La suite au prochain épisode. Les fiers compagnons parviendront-ils à faire comprendre aux bandits qu’ils feraient mieux de se trouver une autre cible ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *