Présentation – Belkacem Yoshi Tsune aka Benkeï Ben Youssef

Benkeï fait partie de la première génération d’enfant née sur Raftel I, première colonie autonome terrienne. Sa mère, Shizuko Ben Youssef est une diplomate terrienne chargée de la cohésion entre les chefs de la colonie et la Terre. Son père, Abdulsama est un riche propriétaire terrien possédant une bonne partie des terres arables de Raftel I. Dans la capitale, Las Estrallas, Benkeï a grandi parmi la haute société locale et n’a jamais manqué de rien, à l’exception de l’occasion de ressentir des sensations fortes.

Ses parents étant constamment occupés, ils déléguèrent l’éducation de Benkeï à un précepteur et vieil ami de la famille à la fidélité sans faille : Klaus Pong (le nom vient d’une très vieille mode terrienne consistant à baptiser les jeunes orphelins sans parents ni nom d’un titre de jeux vidéo rétro). Ce dernier lui transmit tout son savoir, des codes les plus obscurs de l’étiquette stellaire aux rites les plus barbares des Terriens, en passant par les grandes théories métaphysiques qui essaimaient alors d’un bout à l’autre du système solaire. Ayant été traîné de force plus d’une fois à des soirées mondaines sans intérêt à ses yeux, il apprit malgré lui à bien connaître les petites habitudes et les vils appétits de la bourgeoise locale.

Benkeï préférait, déjà petit, aller courir dans les forêts luxuriantes des alentours, et vagabonder dans les petites rues de la capitale avec la jeune racaille issue de la classe ouvrière. Dès que la vigilance de Klaus s’assoupissait, il en profitait pour partir en excursion nocturne et s’entraîner au couteau ainsi qu’à la varappe avec ses amis des bas-fonds. Pour ne pas se faire reconnaître par le service de police locale, il changeait d’identité pendant ses excursions, détachant ses cheveux systématiquement arrangés en chignon le jour et portant une paire de lunettes de technicien qui lui couvrait la moitié du visage. Dans le monde de la nuit, il était connu sous le patronyme de Belkacem Yoshi Tsune. Belka, pour faire plus court.

A seize ans, il surpassait ses pairs en taille et en maturité. La gravité imperceptiblement plus forte que celle de la Terre lui avait permis de développer une belle carrure. Grand et blond malgré ses origines « asiatico-arabes », il était poli et bien mis le jour autant que roublard et joueur la nuit. C’est à cet âge là qu’il devint également charmeur…

Klaus continuait de lui prodiguer un enseignement complet de manière quotidienne. Il lui apprenait désormais les arcanes de l’administration, ce qui était aussi complexe, lui semblait-il, que de jouer au space-mikado avec son nez. Les règles de la diplomatie en général et les techniques psychologiques en particulier lui permirent d’affûter son esprit retors afin de de devenir un interrogateur de choix dans les situations critiques. Son baratin, dans les bas fonds comme avec les bourgeois, était devenu légendaire. Le mensonge incarné pâlissait de honte quand Benkeï se mettait à séduire une dame.

Il réussit à maintenir ses deux mondes séparés jusqu’à l’aube de ses vingt ans. C’était désormais un solide jeune homme plein d’avenir, avec un esprit vif et des connaissances variées. La nuit, il dirigeait une bande de casse-cous prêt à tout pour poser un holo-tag le plus haut possible, et le jour il paradait en bonne et due forme parmi les riches marchands et leurs héritiers ambitieux et calculateurs.

Sa connaissance de ces deux sociétés opposées qu’il côtoyait sur la même colonie le promettait alors à un destin de politicien hors pair. Ses travers avec ses conquêtes toujours plus nombreuses complétaient le tableau à merveille.

Mais un soir, alors qu’il rentrait d’un rendez vous galant nocturne, il eut la surprise de découvrir Klaus Pong à la sortie d’un des accès secrets qu’il utilisait pour ses excursions secrètes. Il paraissait tendu et inquiet . Sous le coup de la surprise, Benkeï commença à déballer un mensonge inventé sur le vif mais Klaus l’interrompit d’un geste de la main. Il s’était assez fait embobiner par le passé pour savoir à quel moment il pouvait se permettre d’interrompre le moulin à paroles. Il enjoint l’héritier Ben Youssef à le suivre sans attendre. Nerveux, il se retournait fréquemment pour s’assurer que son élève ne tentait pas de lui faire faux-bond. Il le mena, après une série de couloirs étriqués, jusqu’à une plate forme de décollage éloignée du cœur de la capitale. Un vaisseau spatial terrien, d’une forme totalement inconnue et doté d’un matricule qu’il ne connaissait pas, semblait faire chauffer ses moteurs en vue d’un départ imminent. Il était effilé et semblait avoir été repeint récemment. Les couleurs verdâtres, grises et marrons évoquaient un treillis militaire mais, ça et là, quelques vifs éclats de couleur rouge révélaient l’ancienne livrée du vaisseau. On aurait dit un de ces petits vaisseaux de sport utilisés par la classe bourgeoise, si ce n’est qu’il était maquillé en épave.

Klaus s’arrêta à la lisère de la piste et pris les épaules d’un Benkeï interdit. Le visage tordu d’émotions contraires, il lui annonça à voix grave que son temps sur Raftel I était compté. La nouvelle s’était ébruitée quelques heures plus tôt : son père n’était pas son père biologique. Il semblerait que sa mère, vingt ans auparavant, se soit éprise d’une personnalité aussi controversée que dangereuse : Benkeï Ben Youssef n’avait donc plus le droit de porter son nom. Surtout, de puissantes organisations étaient d’ores et déjà à ses trousses : le simple nom de son vrai père semblait à lui seul avoir le pouvoir de le faire enfermer à vie. Selon Klaus, malgré tout, Abdulsama avait tenté de le couvrir mais il était déjà en chemin pour un interrogatoire corsé. Son ultime cadeau ouvrait à présent son poste de pilotage.

Klaus lui fourra un cube de données entre les mains en lui expliquant les grandes lignes de son contenu. Autorisations diverses, nouveaux papiers et compte bancaire correctement fourni. Il l’enjoignit à monter dans le vaisseau au plus vite car leur survie à tous les deux en dépendait. Devant les protestations de son jeune disciple, le regard empli d’une tendresse résignée, le précepteur assena un violent coup du tranchant de la main sur la tempe de son protégé.

Benkeï se réveilla dans la cabine de son nouveau vaisseau. Une voix stridente lui réclamait par l’intercom les codes nécessaires au saut via le vortex. Il eut la surprise d’entendre un enregistrement de sa propre voix, monté de manière admirable, déclamer les informations demandées, et même se fendre d’un « vers l’infini et l’au delà » pour saluer l’agent de transit.

Le vaisseau se mit en position et fonça dans le vortex.

Sa seule destination possible était la station Destiny. Il était de toute façon obligé de s’y arrêter pour réclamer une autorisation de retour sur Raftel I. Mais quand il passa son cube de données à l’agent de quai, il apprit que toutes ses autorisations de vol avaient expirées. Il y avait même un document lui interdisant de revenir sur Raftel I.  Son plan de vol avait également été effacé ainsi que la période de son séjour sur Raftel I. Il était désormais un simple citoyen galactique. Mais Klaus semblait mieux informé qu’il n’y paraissait, car lorsque l’agent lui rendit ses documents, il le salua d’un « bonne chance Monsieur Yoshi Tsune ». Benkeï se saisit de son nouveau passeport et put lire en lettres dorées « Belkacem Yoshi Tsune » : Klaus lui avait permis de garder un lien avec son passé.

Il n’eut dès lors de cesse de lever le voile sur le mystère qui entourait sa famille. Ses diverses tentatives pour la contacter, elle ou ses amis, furent vaines. Il rencontra Yao Ming la première fois qu’il tenta de faire une demande poussée de renseignements. Ce dernier, qui avait déjà entendu le nom de Ben Youssef auparavant, eu l’air aussi surpris que lui de lui annoncer qu’il ne restait strictement rien d’eux dans ses registres. Après une longue discussion sur toutes les théories possibles, ils finirent le débat autour d’un verre. Après plusieurs tournées, ils devinrent, malgré l’énigme qui leur était soumise, de très bon amis. Yao lui rendit même service en l’hébergeant un temps, ainsi qu’en l’aidant à cacher son vaisseau au sein de la décharge en orbite autour de l’astéroïde.

Pour ne pas faire fondre son budget, Belkacem dut dans un premier temps louer un logement et se trouver un job. Sancho le cubain, sa seconde connaissance, était dans le milieu du spectacle et tenta de l’introduire dans le monde des paillettes et du champagne. Mais malgré l’attirance qu’il avait pour les beautés exotiques du monde de la nuit, il se décida à changer de milieu pour avoir accès à de meilleures sources d’information.

Il changea donc fréquemment d’emploi, en profitant à chaque fois pour tenter de trouver des réponses sur le sort de sa famille et pour nouer de nouvelles amitiés utiles. Il parcourait les terminaux d’information régulièrement pour trouver une mention de sa famille dans un article de journal, ou dans les rubriques nécrologiques. Mais aucune trace du nom de Ben Youssef. Disparu, envolé, effacé…

Devant le mur invisible contre lequel il se heurtait, il décida d’entrer dans la police. Leurs équipements et leurs données lui permettraient peut-être d’en apprendre plus la disparition de sa famille, et sur sa réelle paternité présumée. Après quelques mois passés à l’école et un examen d’entrée réussi haut la main, il rejoignit donc les forces de police de la station Destiny.

Les années passant, il devint détective et s’habitua à sa nouvelle routine. Les affaires s’enchaînaient avec plus ou moins d’intérêt. Chaque fois qu’un cas ou qu’un nouveau témoin semblait avoir un lien avec Raftel, il tentait de se mettre sur l’affaire. Mais ses efforts restaient désespérément vains. Comment pouvait-on effacer d’un revers de main tout le parcours que ses parents avait accompli ? Comment un riche propriétaire terrien et une diplomate réputée pouvait disparaître sans provoquer d’émoi d’aucune sorte ? Et pourquoi la rumeur sur son père biologique ne semblait pas s’être répandue ?

Belkacem Yoshi Tsune voulait la vérité. Il n’aurait de cesse de retrouver son statut, ses parents et de faire la lumière sur l’entité qui semblait pouvoir manipuler les masses et les informations avec autant d’efficacité.

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